SOUDAN: Au Sud-Soudan, les attaques visent de plus en plus les femmes et les enfants


 SOUDAN: Au Sud-Soudan, les attaques visent de plus en plus les femmes et les enfants

 NAIROBI, 4 septembre 2009 (IRIN) – Les femmes et les enfants sont de plus en plus visés par les attaques contre les civils qui s’intensifient dans les Etats du Sud-Soudan, aggravant la situation humanitaire déjà catastrophique, d’après des sources officielles.

  « Nous avons assisté cette année à une escalade de violence au Sud-Soudan, avec d’un côté les attaques perpétrées par la LRA [l’Armée de Résistance du Seigneur des rebelles ougandais] dans les Etats de l’Est et de l’Ouest Equatoria, et de l’autre les affrontements sanglants dans les Etats du Jonglei, du Nil supérieur et des Lacs », a expliqué Jonathan Whittall, chef de mission de Médecins Sans Frontières (MSF) au Sud-Soudan.

  « Ces violents affrontements n’ont rien à voir avec les traditionnels heurts à propos de vols de bétail qui surviennent chaque année », a-t-il déclaré dans un communiqué daté du 3 septembre. « Les femmes et les enfants, qui étaient jusque là généralement épargnés, sont désormais délibérément ciblés, et le nombre de morts est plus élevé que celui des blessés. »

  Le 1er septembre, l’archevêque Daniel Deng Bul Yak, de l’Eglise épiscopale du Soudan, a déclaré que l’Eglise ne considérait plus les affrontements comme des « conflits tribaux », mais plutôt comme « des attaques contre les civils délibérément organisées par ceux qui sont contre la paix au Sud-Soudan ». Au moins 140 000 habitants ont dû être déplacés à cause des combats entre communautés dans les Etats de Jonglei, du Nil supérieur et des Lacs. On rapporte également que différentes attaques menées cette année par la LRA dans les Etats équatoriaux ont forcés 65 000 Soudanais à quitter leurs habitations.

  « Cette accumulation de violences à travers toute la région aggrave une situation humanitaire déjà catastrophique au Sud-Soudan », a averti MSF. 

 Au cours de la dernière attaque, un affrontement survenu le 29 août entre différentes communautés du comté de Twic-est, dans l’Etat de Jonglei, aurait fait 43 morts. Plus de 60 personnes auraient été blessées, et 24 000 déplacés, provenant de 17 villages, se seraient principalement rassemblés dans les villes de Panyangor et Kongor. 

 « Lors des six derniers violents affrontements au cours desquels MSF est intervenu dans les Etats du Jonglei et du Nil supérieur ces six derniers mois, les chiffres officiels font état de 1 057 personnes tuées pour seulement 259 blessés, et plus de 60 000 déplacés », a indiqué l’ONG médicale. « Ces faits sont nouveaux – l’intention est d’attaquer et de tuer. La population vit dans la peur, et elle a besoin d’une assistance médicale et humanitaire. »

  L’APG est menacé

  D’après l’archevêque, les violences incessantes pourraient compromettre l’application de l’Accord de paix global (APG) de 2005, qui prévoit l’organisation d’élections en 2010 et d’un référendum, en 2011, sur une éventuelle autonomie du Sud-Soudan.

 « Le délai prévu pour l’organisation des élections et du référendum est trop court pour permettre la mise en place effective de processus démocratiques, et à la période où le vote est programmé pour l’instant [.], une grande partie du Sud sera déjà confrontée à des problèmes logistiques car la saison des pluies aura commencé », a-t-il averti dans un communiqué. « Cela prouve aux citoyens soudanais que les populations directement concernées ne sont ni prises en considération ni incluses dans les politiques de paix, que nous ne sommes pas à l’abri de violations futures de l’APG, et que l’avenir de la paix est précaire au Soudan. »

 Pénuries alimentaires

 En parallèle, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a averti que la région traversait une crise alimentaire aiguë due à l’insuffisance des pluies, à la forte insécurité permanente, à la hausse des cours des céréales et à la baisse des prix du bétail.

 D’après la révision semestrielle de l’Evaluation annuelle des besoins et des moyens de subsistance, environ 1,5 million de personnes sont confrontées à une situation de grave insécurité alimentaire au Sud-Soudan. En outre, l’insécurité et le mauvais état des routes rendent difficile l’acheminement des aides.

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